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Séminaire d'été du réseau des Inspé à Poitiers: de premiers pas vers la mise en œuvre du « module Europe »

Le 28 juin dernier, Ilana Cicurel était l’invitée du réseau des Inspé (Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation) à Poitiers pour évoquer la mise en place du « module Europe ».  

 Le « module Europe », priorité de la PFUE  

Dans son rapport « Faire de l’école le cœur battant de l’Europe », remis à Jean-Michel Blanquer et Clément Beaune en juillet 2021, Ilana Cicurel a plaidé en faveur de la création d’un « module Europe » dans les parcours formation des professeurs européens. Ce « module Europe » doit prendre la forme d’une unité d’enseignement co-construite et intégrée dans les parcours de formation des enseignants dans les 27 États membres, afin d’initier ces derniers à la diversité des systèmes éducatifs européens, aux meilleures pratiques pédagogiques à travers l’Union, aux plateformes d’échange et de partenariats, à la pratique réflexive et aux valeurs européennes.  

Le président de la République en avait fait l’une des priorités de la présidence française du Conseil de l’UE.  Lors de leur réunion le 5 avril 2022, les ministres de l’Éducation ont reconnu que sa mise en place devait constituer un objectif commun et partagé par les 27.  

 « La richesse pédagogique doublée de la question des valeurs »  

A Poitiers, Ilana Cicurel a souligné l’importance encore accrue de « module Europe » dans le contexte de la guerre en Ukraine.  

 « La guerre en Ukraine a un petit peu fait bouger le curseur. Elle vient nous rappeler que les valeurs européennes peuvent être attaquées avec une violence que personne n’avait anticipée à nos frontières. La richesse sur le plan pédagogique que nous pouvons atteindre grâce à tout ce que nous allons mettre en place à travers le module Europe doit se compléter avec la question des valeurs et du modèle de société que nous défendons et que nous transmettons à nos élèves.   Dans notre réflexion commune, il faut que nous fassions une place aux défis qui vont apparaître petit à petit. Si nous devions figer le module Europe, il ne serait pas pertinent. Il faut mettre en place une dynamique de travail et de réflexion à l'échelle européenne, car il est évident que cet échange au niveau européen nous permettra d'être beaucoup plus performants, pertinents aussi, au niveau national. »  

De premiers travaux d’élaboration du « module Europe » menés par les Inspé  

Le réseau des Inspé a fait état de ses premières réflexions en vue de  la construction du « module Europe » à travers les instituts de formation européens.

Ce dernier pourrait notamment reposer sur des activités d’apprentissages « par les pairs » via des projets de coopération éducative, menés tant à l'échelle locale que nationale, qui impliqueraient tout à la fois étudiants, formateurs, chercheurs et enseignants.  

Le « module Europe » n’a pas vocation à l’uniformité. Sur la base d’un projet commun, chaque Inspé et chaque institut de formation au niveau européen pourra collaborer de façon libre en fonction des besoins des étudiants sur place.  

Il se construira ainsi sur la base des parcours de formation existants, par exemple via l’intégration d’un module aux parcours de langues vivantes ou par l’enrichissement des options à visée internationale et leur ouverture à un public plus large d’étudiants.  

À terme, l’objectif est bien celui d’une généralisation du « module Europe », afin de toucher des générations entières de professeurs et d’initier un réel changement de mentalité.

Le réseau des Inspé souhaite également concevoir le « module Europe » comme un continuum, qui irait de la formation initiale à la formation continue. L’objectif est d’articuler ces deux aspects de la formation en construisant des projets rassemblant différents types de publics en formation.


Développer la mobilité des enseignants via Erasmus+   

Comme préconisé dans le rapport Cicurel, le « module Europe » sera accompagné de la mise en œuvre d’un Sopa Europe (stage d’observation et de pratique accompagnée), c’est-à-dire d’une période immersion des élèves professeurs dans un autre pays européen qui serait financée par le programme Erasmus+.  

Pour Ilana Cicurel, insuffler une dimension européenne nouvelle au parcours de formation des professeurs doit également constituer l’une des voies de revalorisation du métier d’enseignant :  

« Nous savons aussi que la question de l’attractivité des professeurs est malheureusement d’actualité en France mais aussi en Allemagne. Nous parlons beaucoup de rémunération, et nous avons raison, mais il y a aussi une révolution à faire dans le métier d’enseignant, avec une ouverture sur l’Europe et leur rendre leur capacité d’innover. La dimension européenne aura un rôle majeur dans revitalisation de nos systèmes éducatifs.  »